
Self, World, Environment: Ecocritical Affordances in Yves Bonnefoy and Michel Henry
Abstract
Michel Henry (1922–2002) and Yves Bonnefoy (1923–2016) both theorise a split between the world of everyday experience and that of an underlying ontology (Henry 1963; Bonnefoy 1990). Their projects explore this substratum and orient our attention towards it, troubling the divison between it and the quotidian world. However, their enquiries lead them to radically different models of the self’s relation to the world. While Henry proposes a state of ‘auto-affective’ subjecthood – la vie – which precedes any subject-object relation (Jean 2011), Bonnefoy offers présence, a relational ontology in which no essential selfhood precedes its interaction with the external world (Inizan 2013; McLaughlin 2020). These models of the self have important consequences for the self’s relation to embodiment, to others and the external world and, from there, to forms of ecological thinking. For Henry, individual human lives each participate in transcendental life, la Vie, implying a form of plural human selfhood (Rohde 2011) that some readings extend to include nonhuman life and the material world. Bonnefoy’s conception implies that all living things and the material world become co-producers of a distributed form of relational selfhood, but this is related through an explicit or implied lyric subject that creates tension between the self’s constitution and dissolution. The article ends by situating Bonnefoy and Henry’s thought in relation to Andreas Malm’s more activist strand of ecocriticism to think through the ecocritical affordances of their self-world concepts, suggesting that each allows, while also foreclosing, modes of environmentally attuned subjecthood.
Résumé
Michel Henry (1922–2002) et Yves Bonnefoy (1923–2016) théorisent tous deux une scission entre le monde de l’expérience quotidienne et celui d’une ontologie sous-jacente (Henry 1963; Bonnefoy 1990). Leurs projets explorent ce substrat et orientent notre attention vers lui, en troublant la division entre celui-ci et le monde ordinaire. Toutefois, leurs démarches les conduisent à des modèles radicalement différents de la relation du soi au monde.
Alors que Henry propose un état de subjectivité « auto-affective » – la vie – qui précède toute relation sujet-objet (Jean 2011), Bonnefoy avance la notion de présence, une ontologie relationnelle dans laquelle aucune ipséité essentielle ne précède son interaction avec le monde extérieur (Inizan 2013; McLaughlin 2020). Ces modèles du soi ont des conséquences importantes pour la relation du sujet à l’incarnation, aux autres et au monde extérieur, et, à partir de là, pour certaines formes de pensée écologique.
Pour Henry, les vies humaines individuelles participent chacune à la vie transcendantale, la Vie, ce qui implique une forme de pluralité des subjectivités humaines (Rohde 2011) que certaines lectures étendent jusqu’à inclure la vie non humaine et le monde matériel. La conception de Bonnefoy implique que tous les êtres vivants et le monde matériel deviennent des coproducteurs d’une forme distribuée de subjectivité relationnelle, mais celle-ci est médiatisée par un sujet lyrique explicite ou implicite, ce qui crée une tension entre la constitution et la dissolution du soi.
L’article se conclut en situant la pensée de Bonnefoy et de Henry par rapport au courant plus activiste de l’écocritique représenté par Andreas Malm, afin d’examiner les potentialités écocritiques de leurs conceptions du rapport soi-monde. Il suggère que chacune permet, tout en les limitant également, certaines formes de subjectivité sensibles aux enjeux environnementaux.
Mots-clés: Michel Henry; Yves Bonnefoy; écocritique; le soi; environnement; potentialités
© 2026 Graham K. Riach, published by Stockholm University Press
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